DPE G : votre logement est interdit à la location depuis janvier 2025 — que faire ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la mise en location en France. Que vous soyez bailleur actuel ou propriétaire souhaitant louer, voici ce que cette interdiction signifie concrètement et les étapes pour y répondre.
DPE G : votre logement est interdit à la location depuis janvier 2025 — que faire ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location en France. Si vous êtes propriétaire d'un tel bien, vous faites face à une décision urgente : rénover, vendre ou subir les conséquences juridiques de cette interdiction.
Voici ce que vous devez savoir.
Ce que dit la loi Climat et Résilience
La loi Climat et Résilience de 2021 a instauré un calendrier d'interdiction progressive à la location des logements les plus énergivores :
| Date | Interdiction |
|---|---|
| 1er janvier 2025 | Logements classés G (> 420 kWh/m²/an) |
| 1er janvier 2028 | Logements classés F (> 330 kWh/m²/an) |
| 1er janvier 2034 | Logements classés E (> 250 kWh/m²/an) |
Concrètement, depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de signer un nouveau bail pour un logement classé G. Les baux en cours avant cette date peuvent toutefois se poursuivre jusqu'à leur terme — mais ils ne peuvent pas être renouvelés ni reconduits tacitement si le logement reste G.
Combien de logements sont concernés ?
Environ 1,8 million de logements en France sont classés G selon les estimations de l'ADEME et du ministère du Logement. Ils représentent les 3 % de logements les plus énergivores du parc privé, soit une consommation d'énergie primaire supérieure à 420 kWh/m²/an.
Ces logements sont souvent :
- Des maisons individuelles mal isolées construites avant les années 1975
- Des appartements anciens sans isolation des murs ni des combles
- Des logements chauffés au fuel avec des équipements vétustes
- Des biens en zone rurale avec des déperditions thermiques importantes
Quelles sont les sanctions pour les bailleurs ?
La loi ne prévoit pas de sanction pénale directe pour la mise en location d'un logement G. Mais les risques pour le bailleur sont réels :
1. Nullité du bail Un locataire peut invoquer la nullité du bail si le logement loué est classé G et que le bailleur n'a pas entrepris de démarches de rénovation.
2. Réduction de loyer Le juge peut ordonner une réduction de loyer ou une suspension du paiement en cas de litige.
3. Travaux imposés Le tribunal peut contraindre le bailleur à réaliser des travaux de rénovation énergétique sous astreinte financière journalière.
4. Décote à la revente Les logements G subissent une décote croissante sur le marché : jusqu'à -15 % à -20 % par rapport à un bien équivalent classé D ou mieux, selon les études des notaires.
Votre DPE G est-il fiable ?
Avant d'engager des travaux coûteux, vérifiez la fiabilité de votre DPE. Les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 sont obsolètes et juridiquement non valables depuis le 1er janvier 2023. Si votre DPE date d'avant cette réforme, faites-en réaliser un nouveau.
Un DPE peut aussi être contesté si :
- Le diagnostiqueur a utilisé la méthode sur factures (désormais interdite)
- Des données erronées ont été saisies (surface, système de chauffage)
- Le logement a subi des travaux non pris en compte
Utilisez notre outil de vérification du DPE pour analyser gratuitement les données de votre DPE et identifier d'éventuelles anomalies avant d'engager la moindre démarche.
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Quels travaux pour sortir d'un DPE G ?
Passer d'un DPE G à un DPE D (le seuil de sécurité pour les bailleurs) nécessite en général une réduction de consommation d'au moins 40 à 50 %. Les leviers les plus efficaces sont :
Isolation de l'enveloppe
- Combles : gain de 25 à 30 kWh/m²/an, coût 20 à 50 €/m²
- Murs : gain de 30 à 60 kWh/m²/an, coût 80 à 150 €/m²
- Planchers bas : gain de 10 à 20 kWh/m²/an, coût 20 à 60 €/m²
Remplacement du système de chauffage
- Pompe à chaleur air/eau : division par 3 à 4 de la consommation de chauffage
- Chaudière à condensation gaz : gain de 15 à 25 % sur la facture
- Poêle à granulés + PAC : combinaison souvent optimale pour les maisons
Menuiseries
- Double vitrage : gain de 10 à 15 kWh/m²/an
- Triple vitrage : pertinent dans les régions froides ou pour les grandes baies vitrées
Quel budget prévoir ?
Pour un logement classé G d'une surface moyenne de 80 m², les fourchettes de travaux pour atteindre la classe D sont généralement :
| Type de logement | Budget estimé |
|---|---|
| Appartement (isolation + chauffage) | 15 000 – 30 000 € |
| Maison ancienne (rénovation partielle) | 25 000 – 45 000 € |
| Maison ancienne (rénovation globale) | 40 000 – 80 000 € |
Ces coûts peuvent être fortement réduits grâce aux aides publiques (voir ci-dessous).
Les aides disponibles pour les bailleurs
MaPrimeRénov' Bailleur
Depuis 2024, les propriétaires-bailleurs peuvent accéder à MaPrimeRénov' avec des montants bonifiés pour les travaux de rénovation énergétique. Les taux d'aide dépendent des revenus du locataire et de l'ampleur des travaux.
CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)
Les fournisseurs d'énergie sont obligés de financer des travaux d'économies d'énergie. Les CEE peuvent représenter 1 000 à 5 000 € selon les travaux réalisés.
Éco-PTZ
Un prêt à taux zéro allant jusqu'à 50 000 € pour financer des travaux de rénovation énergétique, sans conditions de ressources pour le bailleur.
Déduction fiscale
Les travaux de rénovation énergétique sont déductibles des revenus fonciers dans le cadre du régime réel, ce qui réduit votre imposition sur les loyers perçus.
Les étapes concrètes pour les bailleurs concernés
1. Faites un audit énergétique Avant tout travaux, faites réaliser un audit énergétique par un professionnel certifié. Il vous donnera un bouquet de travaux priorisé avec les gains attendus et les coûts estimés.
2. Vérifiez votre DPE actuel Si votre DPE date d'avant juillet 2021, il est caduc. Faites-en refaire un conforme à la méthode 3CL 2021.
3. Simulez vos aides Utilisez le simulateur MaPrimeRénov' sur le site de l'ANAH pour estimer le montant de vos aides avant de vous engager.
4. Choisissez un Accompagnateur Rénov' Pour les travaux d'ampleur (rénovation globale), le recours à un Accompagnateur Rénov' agréé est obligatoire pour bénéficier des aides bonifiées.
5. Anticipez la classe F (2028) Ne vous contentez pas d'atteindre la classe E : visez directement la classe D pour sécuriser votre bien sur le long terme.
Vendre ou rénover ?
Si les travaux vous semblent trop lourds ou trop coûteux, la vente peut être une option. Mais attention : les acheteurs sont de plus en plus informés et les logements G subissent une décote significative. En revanche, un bien rénové en classe D ou C peut se vendre avec une prime verte de 5 à 15 % par rapport au marché.
La décision dépend de votre horizon d'investissement, du marché local et de l'état général du logement.
En résumé
- Depuis janvier 2025, les logements G ne peuvent plus être mis en location
- Les baux en cours se poursuivent mais ne peuvent pas être renouvelés
- Les sanctions sont civiles (nullité du bail, réduction de loyer) plutôt que pénales
- Les travaux pour passer en classe D coûtent 15 000 à 80 000 € selon le logement
- De nombreuses aides (MaPrimeRénov', CEE, Éco-PTZ) permettent de réduire la facture
Commencez par vérifier et analyser votre DPE actuel pour savoir exactement où vous en êtes et quelles marges d'amélioration existent.